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au visiteur!
Les informations contenues dans
ces pages se veulent aussi exactes que
possible et vous sont proposées en toute bonne foi. Cependant leur
caractère très général fait qu'elles peuvent être inappropriées dans une
situation particulière. Aussi toute application choix ou décision, qui
en
découlerait, doit impérativement être validé par un
expert compétent.
Bilan énergétique des opérations
Sommaire de la page:
Etablir un bilan énergétique d'une opération de procédé ou d'un
ensemble d'opérations est une des tâches essentielles du concepteur ou
de l'exploitant.
Il permet de mesurer le rendement énergétique d'un équipement, de
déterminer le besoin en énergie d'une opération ou son besoin en
refroidissement, ou encore de conforter une mesure de débit ou de
consommation.
L'énergie dans les opérations de procédé prend les formes suivantes:
Le
procédé étudié peut être complexe. Tous les flux devant intervenir dans
le bilan doivent être identifiés. Un schéma de circulation des fluides
est la meilleure base de travail.
Selon
la définition du secteur sur lequel le bilan sera établi, certains flux
peuvent êtres inclus ou d'autres exclus du bilan. La méthode
recommandée pour les identifier est graphique; elle consiste à partir
du schéma de circulation des fluides et à tracer une ligne continue et
bouclant sur elle-même, coupant tous les flux matière ou énergie
souhaités dans le bilan. Tous les flux croisant le périmètre
du bilan ainsi tracé doivent être pris en compte, les autres qu'ils
soient à l'intérieur ou à l'extérieur du périmètre sont exclus du bilan.
Pour
la matière comme pour l'énergie: rien
ne se perd, rien ne se crée ... un bilan énergétique
réussi doit être fait sur la base d'un bilan matière exact.
Concrètement, les énergies cinétique et potentielles sont généralement si faibles comparées à l'enthalpie et aux flux de chaleur, que le bilan énergétique se résume souvent à un bilan enthalpique des flux de matière et un bilan des flux de chaleur.
Si
tous les flux ont été
mesurés ou évalués de manière indirecte, les énergies entrant
doivent être égales aux énergies sortant du système. Un écart de bilan
peut être l'indice d'une donnée erronée ou de pertes (les gains
d'énergie ne sont réalistes que dans les procédés opérant à température
inférieure à l'ambiante).
Les formes d'énergie
Le premier principe de la thermodynamique établi que l'énergie ni ne se crée ni ne disparaît; elle se transfère ou change de nature.L'énergie dans les opérations de procédé prend les formes suivantes:
- - chaleur (Q)
- énergie thermique échangée au cours de l'opération, dans un échangeur de chaleur par exemple
- - travail (W)
- énergie mécanique apportée dans l'opération (pompage par exemple) ou produite (turbine par exemple) par l'opération
- - enthalpie (H)
- contenu énergétique, essentiellement thermique, de la matière impliquée dans l'opération. C'est sa variation (ΔH) qu'il est utile de connaître dans le bilan énergétique. Dans un procédé continu c'est la différence entre l'enthalpie des flux de sortie et celle des flux d'entrée (en J/sec); dans un procédé discontinu, ce peut être la différence d'enthalpie entre la fin et le début d'opération (en J/cycle).
- - énergie cinétique (Ec)
-
les flux procédé comme tout objet matériel possède une
énergie cinétique propre s'ils sont animés d'une vitesse. Sa valeur est
calculée par la relation:
Ec = m.v2⁄2
- Cette énergie cinétique peut être fournie par le travail d'une machine (ventilateur, pompe, ...) ou acquise par une variation de pression (variation d'enthalpie).
- - énergie potentielle (Ep)
- c'est l'énergie acquise pour vaincre un champ de forces. Dans les opérations de procédé il s'agit le plus souvent du champ gravitationnel. Autrement dit, c'est l'énergie pour amener un fluide de masse m à une certaine altitude (h). Sa valeur sera alors calculée par la relation Ep = m.g.h
- Elle sera le plus souvent issue du travail d'une pompe ou d'un élévateur.
L'énergie totale de la matière (Etot)
est la somme de l'enthalpie, l'énergie cinétique et l'énergie
potentielle:
Etot =
H + Ec + Ep
Q + W - ΔH - ΔEc - ΔEp =
accumulation
Dans un procédé continu dont le régime est stationnaire, le terme d'accumulation est par définition nul. De même dans un procédé discontinu dont le cycle d'opération ramène l'installation dans son état initial exact, il n'y a pas plus d'accumulation d'énergie que de matière.
Exemples de bilan énergétique
Type d'opération | Bilan des énergies | Observation |
---|---|---|
Détente d'un liquide surchauffé | Q = 0 W = 0 ΔH = -ΔEc - ΔEp ΔEc ≠ 0 si un accroissement de la vitesse est due à la diminution de masse volumique ΔEp ≠ 0 si les altitudes entrée/sortie sont différentes |
Considérons la détente d'eau liquide à 150°C à une
pression de 1 bar absolu: HL150: 632,2 kJ/kg HL100: 417,5 kJ/kg HV100: 2675 kJ/kg % de vapeur formée: 9,5% ΔEc et ΔEp sont négligés. Malgré la baisse de la température du mélange, son enthalpie reste inchangée; la baisse d'enthalpie du liquide, compense exactement l'augmentation d'enthalpie de la vapeur formée |
Vaporisation d'un liquide avec: F: débit de matière (kg/sec) Lv: chaleur latente de vaporisation (J/kg) Vv: vitesse de la vapeur en sortie (m/sec) Vl: vitesse du liquide en entrée (m/sec) |
Q = F.Lv W = 0 ΔH = Q - ΔEc - ΔEp ΔEc = F(Vv2 - Vl2)/2 ΔEp ≠ 0 si les altitudes entrée/sortie sont différentes |
Pour: F = 1 kg/sec Lv = 400kJ/kg Vl = 1m/sec Vv = 50m/sec ΔEc =1,25 kJ/sec La variation d'énergie cinétique est faible devant l'énergie mise en jeu dans les opérations thermiques, c'est pourquoi elle est souvent négligée dans ces bilans |
Transfert par pompe d'un liquide depuis un réservoir
vers un autre en altitude avec: F: débit massique de liquide transféré (kg/sec) h: différence d'altitude entre les deux réservoirs (m) g: accélération due à la pesanteur = 9,81m/sec² |
Q = 0 W = ΔEp/Rdt ΔH = W-ΔEp ΔEc = 0 s'il n'y a pas de variation de vitesse ΔEp = F.g.h |
Le relevage d'un fluide augmente son énergie potentielle et requiiert du travail. La machine de relevage n'étant pas parfaite, une partie du travail fourni n'est pas efficace et est gaspillée à échauffer le fluide. Cet échauffement augmente sa température et donc son enthalpie. |
Détente de vapeur dans une turbine | Q = 0 W = ΔH ΔH = F(Haval - Hamont) ΔEc = 0 si les vitesses de la vapeur sont identiques en amont et en aval de la turbine ΔEp = 0 |
Les pressions et températures de la vapeur permettent de déterminer son enthalpie à l'aide de tables thermodynamiques. |
Chauffage par combustion | Q = x kJ W = 0 ΔH = (Fcomb+Fair)Hfumées - Fcomb.Hcombustible - Fair.Hair ΔEc = 0 ΔEp = 0 |
Une combustion est une réaction chimique; le bilan enthalpique doit utiliser les enthalpies de formation des espèces chimique présentes dans le combustible, le comburant et les fumées. Si combustible, comburant et fumées sont à la même température, ΔH est égal au pouvoir calorifique du combustible. |
Les étapes d'un bilan énergétique
1- établir un schéma

2- définir le périmètre du bilan

3- faire un bilan matière

4- déterminer les enthalpies, vitesse et élévations des flux de matière
L'objectif est de déterminer pour chaque flux de matière, enthalpie, énergie cinétique et potentielle.Concrètement, les énergies cinétique et potentielles sont généralement si faibles comparées à l'enthalpie et aux flux de chaleur, que le bilan énergétique se résume souvent à un bilan enthalpique des flux de matière et un bilan des flux de chaleur.
5- déterminer les flux de chaleur et de travail
Les flux de chaleur et de travail peuvent être mesurés ou bien calculés de manière indirecte (débit de fluide chauffant, débit de combustible, ...).6- vérifier la cohérence du bilan

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