Concentration par évaporation
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La vaporisation des liquides
Un liquide chauffé émet une vapeur qui occupe une partie de la pression de l'atmosphère présente à son contact. A chaque température correspond une pression de vapeur saturante. A la température d'ébullition, la pression de vapeur saturante est égale à la pression régnant au dessus du liquide.La température d'ébullition est différente d'un liquide à l'autre. Des substances dissoutes modifient la température d'ébullition d'un liquide. Les substances dissoutes peu volatiles (sels, graisses, polymères,.. tendent à augmenter la température d'ébullition du solvant. Plus leur concentration dans le solvant est grande, plus la température d'ébullition sera élevée. L'écart à la température d'ébullition du solvant pur est parfois nommé retard à l'ébullition.
Substance | Temp ébullition à Patm [C] |
Chaleur latente vaporisation [Wh/kg] |
---|---|---|
Eau | 100 | 627 |
Ethanol | 78 | 235 |
Acétone | 56 | 144 |
Hexane | 69 | 101 |
Benzène | 80 | 108 |
Les solutions qui dégagent une chaleur de dilution significative, requièreront une quantité de chaleur équivalente pour être concentrées par évaporation.
Evaporateur à simple effet
Un fluide chauffant ou toute autre source d'énergie provoque
l'ébullition du milieu à concentrer au moyen d'un échangeur de chaleur.

La vapeur générée (les buées) est évacuée et peut être
condensée.
C'est la méthode la plus simple mais aussi la plus consommatrice
d'énergie. Elle est généralement réservée aux faibles débits ou aux cas
où une source d'énergie peu coûteuse est abondante.
La
consommation d'énergie est principalement destinée à chauffer la
solution à évaporée. Une simple source de chaleur est suffisante
(vapeur, fluide chaud).
Evaporateur à effet multiple
La vapeur issue d'un étage (effet) de concentration est
utilisée
pour
chauffer un autre étage opérant à une pression inférieure au précédent.
Des évaporateurs possédant jusqu'à 8 effets sont possibles.

La consommation d'énergie est considérablement réduite puisque par exemple, une tonne de vapeur primaire pourra évaporer environ une tonne d'eau dans un évaporateur simple effet, mais jusqu'à 4 à 5 tonnes dans un évaporateur à 5 effets.
Le nombre d'effets économiquement acceptable dépend du domaine de température de travail disponible. Il est limité:
- d'une part, par la température du fluide chauffant disponible
- et d'autre part, par la température minimale d'évaporation possible pour la solution à concentrer
La consommation d'énergie est principalement destinée à chauffer la solution à évaporer. Une simple source de chaleur est suffisante (vapeur, fluide chaud).
Différents arrangements des évaporateurs sont possibles:
- - à contre-courant
- solution à concentrer et vapeur de chauffage circulent en sens inverse. L'étage à la pression la plus élevée est aussi celui qui traite la solution la plus concentrée. Si le fluide chauffant est disponible à une température élevée, cette configuration permet le plus grand nombre d'effet.
- - à co-courant
- solution à concentrer et vapeur de chauffage circulent dans le même sens. Le transfert de la solution d'un étage à l'autre peut se faire sans pompe. L'étage à la pression la plus élevée traite la solution la moins concentrée. Adapté aux cas où la température du fluide chauffant est faible et/ou on craint une dégradation du concentrat sous l'effet de la chaleur. Le nombre d'effets possible sera limité.
- - en parallèle
- la solution à concentrer alimente en parallèle chacun des bouilleurs, tandis que la vapeur de chauffage chemine d'un bouilleur à un autre. Une étagement des pressions est maintenu afin de respecter une approche de température suffisante entre fluide chauffant et solution à concentrer.
Recompression des vapeurs
Alors que dans un évaporateur simple, la chaleur nécessaire
pour vaporiser le liquide est apportée par un fluide extérieur, la
recompression des vapeurs émises par le bouilleur permet de les
réutiliser comme fluide chauffant. En augmentant la pression de la
vapeur émise par le bouilleur, on augmente aussi sa température de
condensation, favorisant ainsi le transfert de la chaleur cédée dans
l'échangeur.
La seule source d'énergie extérieure utilisée est alors celle qui
permet d'entrainer le compresseur.

La compression peut être faite au moyen:
- d'un éjecteur alimenté en vapeur haute pression (on parle de
thermocompression)
- d'un compresseur mécanique (on parle alors de recompression mécanique)
La consommation d'énergie du compresseur dépend:
- du retard à l'ébullition qui accroit la différence de pression nécessaire entre le bouilleur et le coté chaud de l'échangeur
- de la surface d'échange consacrée au préchauffage de l'alimentation et au bouilleur
- du rendement du compresseur
La consommation d'énergie peut s'établir entre 15 et 100kWh par tonne d'eau évaporée. Cette énergie est essentiellement destinée à entrainer le compresseur. Ce sera donc le plus souvent de l'électricité, plus coûteuse qu'une simple source de chaleur. La consommation équivalente en énergie primaire sera 2,58 fois supérieure.
La
thermocompression utilise de la vapeur haute pression (>7 bars)
pour
entrainer et recomprimer la vapeur émise par l'évaporateur. Cette
vapeur motrice est rècupérée en mélange avec la vapeur générée.
Contrairement à la compression mécanique, la thermocompression
appliquée à un étage d'évaporation conduit à un excès de vapeur. Il est
donc souvent avantageux de prévoir un second effet qui pourra
efficacement utiliser cet excès de vapeur disponible.
Avec pompe à chaleur
Le concentrateur est à simple effet avec une section servant de bouilleur et une autre servant de condenseur.
L'évaporateur fonctionne sous pression réduite (généralement sous vide) afin de minimiser la pression de fonctionnement des circuits de la pompe à chaleur.
La consommation se limite à l'énergie pour faire fonctionner la pompe à chaleur (compresseur de fluide thermique et condenseur).
Dans le cas d'évaporation de solutions aqueuses, la consommation énergétique peut atteindre 150kWh/tonne d'eau évaporée, à une pression opératoire de 45mbars absolu.
L'énergie pour faire fonctionner la pompe à chaleur sera le plus souvent de l'électricité, plus coûteuse qu'une simple source de chaleur. La consommation équivalente en énergie primaire sera 2,58 fois supérieure.
Les bouilleurs
à échangeur immergé

Le niveau de liquide peut être maintenu à une faible hauteur au-dessus des tubes, ce qui autorise de faibles approches de température entre fluide chauffant et solution à concentrer.
Le temps de séjour de la solution à concentrer est généralement long, ce qui ne convient pas pour les substances pouvant se dégrader.
La faible agitation qui règne autour des tubes de l'échangeur les rend sensibles à l'encrassement.
à thermosiphon

Le bouilleur est placé à l'extérieur du ballon et est relié à celui-ci par:
- une ligne venant du fond amenant le liquide à évaporer
- et une ligne retournant au-dessus du niveau liquide le mélange de gaz
et de liquide. Une circulation verticale de bas en haut s'établit
naturellement dans l'échangeur d'où le nom de bouilleur à circulation
naturelle.
vertical
Les tubes sont disposés verticalement et le liquide à rebouillir circule à l'intérieur.
Le transfert thermique est important, les lignes sont courtes, le montage est compact.
Le taux de vaporisation est limité à 30% environ, la longueur des tubes est limitée et l'accès pour nettoyage est difficile.
horizontal
Les tubes sont disposés horizontalement et le liquide à rebouillir circule à l'extérieur.Le transfert thermique est modéré, mais de tels échangeurs peuvent être dimensionnés pour de grandes charges thermiques.
Ils sont assez accessibles pour nettoyage, grâce à faisceau extractible..
à circulation forcée

Adaptés aux services encrassants, pour les liquides visqueux, lorsqu'on craint que la circulation naturelle soit contrariée, ou lorsqu'on recherche un transfert thermique maximum.
Peu efficace lorsque l'approche de température entre le fluide chauffant et la solution à concentrer est faible. La forte perte de charge générée par le débit de circulation élevé, combiné à la pression statique due à la hauteur de liquide, limite l'ébulition dans l'échangeur.
à film tombant

Les tubes n'étant jamais pleins, la pression statique appliquée au liquide est constante le long du tube, et n'affecte donc pas sa température d'ébullition. Ce type d'échangeur autorise une approche de température la plus faible entre fluide chauffant et liquide à évaporer.
à film raclé ou à couche mince
Le liquide à évaporé est distribué à la surface d'un cylindre chauffé par double enveloppe.
L'appareil peut être vertical (le plus courant) ou horizontal. Il est souvent exploité sous vide.
En fait ces appareils, relativement sophistiqués, ne sont utilisés que lorsque les techniques plus classiques ne sont pas applicables:- produits très visqueux
- encrassant
Ils sont particulièrement utiles pour:
- l'élimination de solvant dans une résine
- l'épuisement d'un résidu
Une multitude de variantes de racleurs permettent de s'adapter au mieux au besoin. Le dimensionnement se fera surtout au moyen d'essais sur un équipement de test chez un fournisseur.
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