Incinération des évents
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Incinération thermique
Le flux gazeux à traiter est introduit dans une chambre de
combustion au moyen d'un brûleur après préchauffage éventuel par les
fumées.
La température usuelle de traitement est d'environ 700 à 900°C, et le
temps de séjour peut varier de 0,25 seconde à quelques secondes.
RENDEMENT THERMIQUE
Assez faible: de 65 à 70%
Pour éviter une température excessive dans le gaz préchauffé et que la
combustion des composés organiques ne se produise dans l'échangeur de
préchauffe lui-même, son efficacité est volontairement limitée.
L'effluent de l'incinérateur est donc chaud. Une récupération
énergétique supplémentaire (chauffage d'un autre fluide) est donc
recommandée.
RENDEMENT D'EPURATION
Elevé: 99% environ et jusqu'à 99,9%
INVESTISSEMENT ET COUT OPERATOIRE
L'investissement est relativement faible, mais si le gaz est pauvre en
combustible, un apport supplémentaire peut être nécessaire.
AVANTAGES ET DOMAINES D'APPLICATION
Cette technique s'accommode bien d'un fonctionnement discontinu.
Recommandé pour des concentrations >2g/m3 en polluant.
L'autothermie est atteinte pour des concentrations >6g/m3
Oxydation catalytique
Le flux gazeux, après préchauffage par les gaz sortants, traverse un
lit de catalyseur à une température allant de 300°C à 700°C.
L'utilisation d'un catalyseur permet de réaliser l'opération à plus
basse température autorisant l'emploie de matériaux de construction
moins nobles, et à vitesse plus élevée, conduisant à des installations
moins volumineuses.
Le paramètre couramment employé pour déterminer le volume de catalyseur
nécessaire est la GHSV (Gas Hourly Space Velocity) qui est le rapport
du débit horaire de gaz mesuré dans les conditions normales (m3/h à
25°C et 1 atmosphère) sur le volume de catalyseur (m3) ; il est
généralement compris entre 4000 et 50000 1/h.
Le catalyseur peut être:
- soit à base de métaux précieux (Platine ou Palladium) déposés sur un support céramique
- soit à base d'oxydes métalliques (Oxydes de Chrome, Fer, Molybdène,
Tungstène, Manganèse, Cobalt, Cuivre, Nickel) en mélange avec un
matériau inerte et formant la matrice du catalyseur.
RENDEMENT D'EPURATION
Plus faible que pour l'incinération dans un four.
Il peut être affecté par l'empoisonnement du catalyseur, dû à:
- des poisons chimiques qui réagissent avec la substance active du catalyseur en la transformant en une substance inactive.
- des poussières qui en se déposant sur la surface du catalyseur empêchent l'accès des réactifs aux sites actifs du catalyseur.
L'empoisonnement chimique est généralement irréversible et nécessite
souvent le remplacement du catalyseur, tandis que l'encrassement peut
parfois être éliminé par lavage ou par augmentation de la température.
RENDEMENT THERMIQUE
80% environ.
Meilleur que pour l'incinération en four en raison d'une plus faible température opératoire.
L'autothermie (fonctionnement sans apport supplémentaire de combustible) est atteinte pour 3 à 4g COV/m3 de gaz.
INVESTISSEMENT ET COUT OPERATOIRE
L'investissement est supérieur à l'incinération en four, mais le coût en combustible supplémentaire peut être plus faible.
AVANTAGES ET DOMAINES D'APPLICATION
Le flux à traîter doit être continu.
Traitement thermique ou catalytique régénératif
Deux lits garnis de céramique sont utilisés alternativement pour:
- réchauffer le flux entrant avant d'alimenter le foyer d'un four ou le lit de catalyseur
- refroidir le flux sortant avant d'être rejeté.
Lorsque le lit en entrée est devenu trop froid, ou le lit en sortie est
devenu trop chaud pour un transfert thermique efficace, les rôles sont
inversés.
Les cycles sont de 2 à 3mn.
L'inversion de lit peut être faite grâce à un jeu de vannes, ou bien
par un mouvement de rotation du lit garni de céramique. Dans ce cas les
lits sont agencés pour former un cylindre et sont séparés par des
parois radiales.
Des particules solides peuvent être entraînées dans le flux à traiter,
qui seront plus difficiles à détruire dans un système surtout conçu
pour détruire des composés gazeux. Ces particules pourront se déposer
dans le lit garni de céramique provoquant son encrassement et une
augmentation de sa perte de charge. Elles pourront être détruites et le
lit de céramique pourra être nettoyé en élevant sa température jusqu'à
la température de travail du foyer.
RENDEMENT D'EPURATION
Le rendement d'épuration est relativement faible (97% maxi) pour deux raisons :
- lors de l'inversion des rôles des deux lits, le gaz non épuré
emprisonné dans le lit d'entrée, est dirigé vers la sortie sans
traverser l'incinérateur.
Une pointe de rejet est donc observée à chaque basculement.
Ceci peut être amélioré en installant un troisième lit.
- d'autre part, des fuites sont toujours possibles au travers des vannes laissant passer du gaz non traité vers la sortie.
RENDEMENT THERMIQUE
Très élevé (98% environ).
L'autothermie est atteinte pour 1 à 2g COV/m3.
INVESTISSEMENT ET COUT OPERATOIRE
Le coût d'investissement est relativement élevé, mais peut être compensé par un plus faible de combustible extérieur.
AVANTAGES ET DOMAINES D'APPLICATION
Adapté aux débits élevés car le surcoût d'investissement doit pouvoir
être compensé par l'économie réalisée sur la consommation de
combustible.
L'économie de combustible réalisée avec un système régénératif est
d'autant plus faible que la température du gaz à traiter est déjà
élevée. De plus les vannes destinées à orienter le flux vers le lit en
service seront plus difficiles à fiabiliser si elles travaillent à
haute température.
Torchères
Les torchères sont des brûleurs placés en hauteur à l'air libre.
Ils sont utilisés pour:
- traiter des débits de gaz importants continus ou intermittents
- détruire un flux gazeux et éviter la formation d'un nuage explosif
Aucune récupération thermique n'est prévue, et le rayonnement thermique
important qui peut être émis nécessite parfois des précautions
d'installation.
Sécurité opératoire
Retour de flamme
Il est fréquent que les flux à traiter soient variables:
- en débit
- en pression
- en composition
Le risque existe d'observer dans la tuyauterie amenant le mélange gazeux à traiter, un retour d'air ou de flamme.
Pour des gaz à traiter dont la teneur en combustible est supérieure à
25% de la LIE (Limite Inférieure d'Explosivité), il est important de
limiter le risque de propagation d'une flamme ou d'une explosion dans
les équipements en amont de l'incinérateur en plaçant au choix:
- un arrête flamme
- une garde hydraulique
Ces systèmes demandent un entretien régulier pour éviter le risque de bouchage par encrassement.
Une autre solution est de placer sur cette tuyauterie une vanne de
sectionnement à fermeture rapide, déclenchée par un détecteur de flamme.
Emballement thermique
La nécessité de réduire au maximum la consommation de combustible
extérieur pousse à optimiser la récupération énergétique entre le flux
d'entrée et celui de sortie.
En cas de débit de polluant à incinérer supérieur à ce qui était prévu
lors de la conception de l'installation, le régime d'autothermie peut
être dépassé et les températures de fonctionnement peuvent croître
d'elles-mêmes sans apport de combustible extérieur. Le processus
s'emballe.
Pour pouvoir maîtriser la température opératoire en toutes
circonstances, un by-pass du récupérateur de chaleur est nécessaire.
Risque de corrosion
Les composés chlorés, bromés ou fluorés, fréquemment rencontrés dans
les solvants, forment par incinération de l'acide chlorhydrique,
bromhydrique ou fluorhydrique extrêmement corrosif alors que le composé
initial ne l'est pas. Les matériaux de construction de l'incinérateur
doivent être spécialement choisis pour résister. En cas de forte
concentration de ces composés, il peut être préférable d'opter pour une
incinération en foyer sans récupération thermique afin de minimiser les
surfaces d'échange.
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